le flux c’est la vie


Ces derniers temps, mais ces discussions courent depuis long, une grande passion des flux, le livre comme flux, la lecture comme flux, la littérature comme flux, le flux c’est la vie, le flux c’est tout, le flux partout, malheur à ceux qui ne seront pas dans le flux. Vae Victis.

Là / la feuille , là / thierry Crouzet , là / Arnaud Maisetti

Techniquement nous somme incapables de soutenir le débat, il nous semble percevoir seulement et une grande émulation qui soulève et une grande confusion qui obscurcit.
Pour qu’une notion élucide une pratique, il faut qu’elle puisse ne pas être appelée au secours de toutes les nouvelles manières de faire que nous valorisons – comme il fût mis parfois des rhizomes partout sans que de la pensée en advienne – les métaphores sont solubles.

Mais par ailleurs,
il y a de l’écho :

François Bon : « Les usages numériques devenant un champ massif de langage, et lieu de notre rapport au monde, la littérature n’a pas d’autre définition que la mise en réflexion du langage à cet endroit ». commentaire sur la Feuille

Etl’émission « projection privée » sur France Culture sur la lanterne magique et le cinéma d’animation. Il s’y fait le récit des premiers « dessins animés » de Windsor McKay mettant en scène un dessin se libérant de son dessinateur, le Don Quichotte ne fait rien d’autre.

Qu’ainsi apparaisse une nouvelle technique de production du sens, de représentation du réel, son premier geste est de se mettre en scène, de s’exercer à sa nouvelle puissance, pour elle-même, comme pour éprouver une force inattendue.

Ce chemin d’abîmes et de miroirs nous l’entendons, parfois l’admirons, parfois nous perplexons devant. Il a une efficace du questionnement, la jonction théorie - pratique.

Nous ne pensons pas connaître le chemin, nous ne pensons pas qu’il y a un chemin. Il nous semble qu’il y a parfois une griserie de l’avant-garde, du petit groupe, des éclaireurs, qui se manifestent dans le rejet par excès d’un « ancien monde » et le défaut critique du nouveau.

On ne peut ignorer que ce discours du flux, du mobile, de l’instantané, du rebondissant, du vif, du nomade est aussi le discours de l’ennemi. Il emploi pour le capital et les personnes le même champ métaphorique que nous employons pour les idées, coïncidence aussi dans le discours aussi de la nécessité de l’advenue des choses et le mépris de ce(ux) que nous laissons derrière, puisque nous allons de l’avant.

On peut se dire (Deleuze, Pourparlers) qu’il faut savoir comment pense l’ennemi pour lui faire des enfants dans le dos.

On peut douter de cette capacité

Et douter de ce doute.

texte et image (sauf si mention) : Pierre C. - 7 janvier 2010



    le flux c’est la vie
    12 janvier 2011, par cjeanney _

    Je suis perplexe aussi.
    Je ne sais pas si je ressens le flux comme de l’"instantané, du rebondissant, du vif". Je ne sais pas comment placer le facteur temps, ni s’il s’y place réellement. Il me semble que le flux nous passe au travers mais que ce que nous y prenons ou y mettons coule à notre propre rythme, et pas forcément celui, bondissant, de l’immédiateté. L’immédiat du partage, oui. Donc, je doute.
    (et aussi de la pertinence de mon commentaire)




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