18/un jeune vierge


Nous sommes en 1872 - république balbutiante, autoritaire, monarchie à l’affût. Se prépare alors la religion de la loi, de la barbe et des Jules. De l’autre coté la machine tourne à vide, quelque temps déjà que l’on perd la main sur les angelots et les vierges ; même quand on produit à la chaîne Rédempteur, Sacré-Cœur et Saint-Roch à chien-chien il faut y croire un peu. Celle-là est un jeune garçon de 16 ans, dans une extase floue, abstraite, comme ravie d’avoir reçu une salière amusante, un beau moulin à poivre.

Qui dans la chaîne a perdu les pupilles ? Plutôt que de s’élever, le jeune vierge allongé au milieu d’épais coussins bleus comme de la ouate, voyage dans les opiacés, entend des rires d’enfant ailés, songe les yeux révulsés au monde lointain et flottant, aux araignées patientes qui tissent depuis trente ans un réel opaque et souple, mange-lumière et attrape-mouches

texte et image (sauf si mention) : Pierre C. - 19 janvier 2010




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