48/ fatale


Nous écoutions à la radio de l’automobile d’anciennes chansons de tavernes anglaises dans une ambiance de marécage croupi. Nous nous trouvions dans cette demie saison ou l’humidité corrompt, avant que le froid n’assèche et brûle et fige le monde, vitrifiant la vie entière, mais c’était là encore le temps où tout pourrit. Nous étions à quelques centimètres de l’ornière grasse, le pneumatique avant droit crevé par un chardon, devant nous s’ouvrait un long maraîchage de salades jaunies, fanées, oubliées de leur cultivateur. Elle voulût partir et couper à travers glaise, comme si elle n’avait pas toujours haï ce petit crachin glacé perçant, ce beroissement qui ronge les os.
Elle avait décidé que ce devait être à partir de là que sa vie lui appartiendrait, qu’elle choisirait métier, homme, lieu, vie, qu’elle pourrait choisir de ne pas choisir, il lui fallait seulement écarter le rideau de cette pluie.

Il ne la revit jamais.

texte et image (sauf si mention) : Pierre C. - 6 janvier 2013




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