64/ beeeeeeeeeeeeeh


Nous nous sommes réunis car la famille c’est fait pour cela ; je te prends, je te fabrique, je te disperse, je t’étourdis, je te fais lécher l’oreille par un agneau, parce que c’est pâques, et je t’expose nu dans une verdure de mars en attendant que tu te réveilles mais sans l’espérer vraiment ; ah que c’est fatiguant, que c’est bien quand ils dorment ; il n’y a plus que la communauté de langage qui cherche à dire « enfant » pour partager et la souffrance et la fatigue et la construction purement verbale de la joie, c’est comme le mariage et la mort des autres, comme fut le service militaire ; les femmes ont, elles, l’accouchement, rite de passage, rituel du bavardage, il faut de temps en temps un peu de silence, nous le prenons là sur ce morceau de campagne empierrée, mais j’espère quand même que cette bête est saine.

texte et image (sauf si mention) : Pierre C. - 17 juin 2013




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