L’Est attriste


Dans la gare de l’Est, au pied des boutiques à venir, trapèzes tronqués en aggloméré blanc, une femme est assise en robe à fleurs à même le sol, adossée à un fleuriste fermé, il est vingt heures quarante-cinq. Dans une position compliquée, il y a dans la tristesse comme dans l’amour une indifférence à l’inconfort physique pourvu que l’on touche l’autre, sa tête vient buter au torse d’un homme assis en blouson de toile beige et court. Elle pleure ; avec une grande intensité de sanglots portant évidence : cela va durer très longtemps, ou elle va hurler. Aucun visage visible, beaucoup de genoux.

Comme un visage défait nous attire et révulse, il y a une pulsion scopique des ruptures amoureuses.

texte et image (sauf si mention) : Pierre C. - 26 octobre 2008




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