vierge au cahier


Il y a en avant de l’autel légèrement à main droite, dans l’église de Saint Plancard, département de Haute-Garonne, une statue blanche de plâtre poussiéreux reposant sur un socle en bois tourné de cent vingt centimètres ; ni splendeur inconnue, ni meringue sulpicienne, ni laide, ni belle mais suffisante à la dévotion qu’elle suscite.
Sur son socle quelques bougies qui gouttent. La cire vient déborder au pied de la statue, tombe sur un tabouret de bois couvert d’éclats grattés et de toiles d’araignées.
Là, ouvert, un cahier à spirale au papier réglé à petit carreaux et un stylo à bille. S’y notent, d’une écriture tremblée de vieille femme, diverses recommandations à la représentée de la statue en plâtre et à l’enfant Jésus qu’elle porte dans ses bras.

Soeur malade, frère hospitalisé, mort dont on veut garder le souvenir et assurer la tranquillité. Phrases d’un monde dont nous ne comprenons rien, nous ne pouvons moquer ; nous sortons, éblouis à la lumière de midi, émus en pensée par les petits carreaux et les éclats grattés.

texte et image (sauf si mention) : Pierre C. - 4 novembre 2008




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